Étudiants ou jeunes diplômés, vous demandez-vous combien vous gagnerez et serez en mesure de vous payer comme salaire ? Avez-vous travaillé récemment et aimeriez comparer votre activité à la moyenne nationale ?
… Nous vous donnons les chiffres statistiques du revenu des chirurgiens dentaires libéraux pratiquant en France et essayons de vous donner une analyse.
Rapport 2017
Les chiffres de la CARCDSF, qui concernent 37 585 chirurgiens-dentistes (toutes spécialités confondues, ODF inclus), dressent un tableau précis : le revenu annuel moyen déclaré avant impôts en 2017 atteint 106 745 €. Ce montant s’inscrit en légère baisse de 0,74 % par rapport à l’année précédente.
Pour saisir la réalité du terrain, il faut aussi regarder le revenu médian. Celui-ci s’établit à 85 040 €, une donnée qui, pour beaucoup, donne une image plus représentative de ce que perçoivent les praticiens généralistes.
L’AGA de l’UNASA, qui rassemble 5 600 chirurgiens-dentistes, évoque de son côté un revenu annuel moyen de 91 500 € en 2017. Ce chiffre, lui aussi en léger repli, place la profession entre les médecins généralistes (88 300 €) et les neurologues (93 400 €).
Les écarts de revenus sont frappants. Voici quelques repères sur l’ampleur des disparités :
- 17,5 % des praticiens affichent un bénéfice net sous la barre des 39 732 €
- Un peu plus de 10 % d’entre eux déclarent des bénéfices qui dépassent 198 661 €
La répartition hommes-femmes révèle aussi un contraste marqué. Les hommes, 54 % de la profession, déclarent en moyenne 122 590 €, tandis que les femmes s’établissent à 85 620 €. L’écart approche les 31 %.
Le lieu d’exercice fait varier la donne. Les départements où les revenus moyens sont les plus élevés : Deux-Sèvres (150 073 €), Yonne (148 501 €), Eure-et-Loir (146 886 €). À l’inverse, la Corse (84 703 €), les Alpes-Maritimes, le Cantal, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques (environ 89 000 €) ferment la marche.
Analyse :
Mettre un chiffre unique sur le revenu d’un dentiste relève de la gageure. Les situations individuelles varient : âge du praticien, taille de la patientèle, temps de travail réel, exercice en solo ou en groupe, composition de l’équipe, phase d’investissement… Autant de facteurs qui font bouger les lignes.
Les charges pèsent lourd dans la balance. En moyenne, elles absorbent 65 % du chiffre d’affaires global. Autrement dit, sur 100 € encaissés, seuls 35 € restent disponibles pour la rémunération nette.
Un praticien qui démarre, par exemple, doit souvent investir lourdement en matériel, alors que la patientèle n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Dans ces cas-là, le bénéfice réel peut s’avérer bien inférieur aux chiffres annoncés précédemment.
Autre constat : plus la densité de praticiens est forte dans un département, plus la rémunération moyenne tend à baisser. La concurrence s’intensifie, les marges se resserrent, et la moyenne recule d’autant.
Les chiffres dessinent donc une réalité contrastée, où la moyenne ne dit pas tout. Pour chaque cabinet prospère, combien d’installations peinent à décoller ? La prochaine décennie sera celle des arbitrages, entre choix de localisation, spécialisation et adaptation à l’évolution des pratiques. Le revenu du dentiste, loin d’être un chiffre figé, traduit aussi l’histoire personnelle de chaque professionnel, ses choix, ses risques et parfois ses paris sur l’avenir.


