Un salarié sur trois a déjà goûté au télétravail, mais combien savent vraiment comment le mettre en place sans heurts ? Loin de la simple table de cuisine transformée en bureau, le télétravail s’organise, s’anticipe, s’apprivoise. Voici comment franchir le cap avec méthode et lucidité, sans se laisser happer par la confusion entre vie pro et perso.
Le télétravail se définit comme une activité professionnelle exercée partiellement ou totalement à distance du site habituel, en dehors des locaux de l’entreprise.
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Télétravail
Le télétravail s’installe là où on le décide, mais il existe plusieurs configurations à connaître :
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- À domicile : le plus classique, dans une pièce dédiée ou non, au sein de son logement.
- Hors du domicile : une alternative choisie, dans un espace pensé pour travailler comme un télécentre, un espace de coworking, ou même dans une bibliothèque ou un café.
- Il peut également s’exercer dans des lieux inhabituels : chambre d’hôtel, logement temporaire, voire pendant un déplacement ou depuis son lieu de vacances.
- En mode nomade : le télétravailleur se connecte dans les transports, que ce soit en bus, train, voiture, avion ou même bateau.
- En alternance ou « pendulaire » : on alterne les jours au bureau et ceux à la maison, adaptant ainsi l’organisation aux besoins de chacun.
Autre réalité du télétravail :
Les indépendants et freelances s’appuient largement sur ce modèle. Ils proposent leurs services depuis leur domicile, chez leurs clients ou en déplacement, en jouant la carte de l’agilité professionnelle.
Petite histoire du télétravail
Le concept n’a rien de nouveau. Dès les années 1970, les pouvoirs publics en France y voient un levier pour décongestionner les territoires et repenser l’organisation du travail. Jack Nilles, ingénieur et chercheur, est le premier à formaliser ce qu’il nomme « télétravail » en 1975.
Au fil des décennies, le télétravail s’affirme comme un enjeu stratégique pour les entreprises. Dans les années 2000, la législation européenne évolue, poussant les employeurs à revoir leurs modèles d’organisation. Néanmoins, en 2015, seulement 17% des actifs européens pratiquent le télétravail, souvent de façon ponctuelle.
Ce sont les mouvements sociaux, grèves massives, « gilets jaunes », puis la pandémie de COVID-19 qui ont fait basculer le télétravail dans une nouvelle dimension. Les entreprises ont dû s’adapter pour assurer la continuité de leurs activités, tandis que les salariés cherchaient à surmonter les difficultés de transport.
Des outils pour télétravailler dans de bonnes conditions
Pour que le télétravail soit viable, l’entreprise met à disposition les équipements indispensables : ordinateur, imprimante, smartphone. Mais il faut penser à l’ergonomie et au confort.
Voici les indispensables pour s’installer chez soi sans risquer de se faire mal ou de perdre en efficacité :
- Un fauteuil ergonomique : il doit permettre d’ajuster la hauteur, d’incliner le dossier, et offrir un appui-tête confortable.
- Un support d’ordinateur pour éviter les douleurs au cou ou au dos.
- Un clavier et une souris, si possible sans fil, pour une meilleure posture.
- Une lampe de bureau pour limiter la fatigue visuelle provoquée par la lumière ambiante.
- Un routeur performant et une connexion wifi stable, impossible de travailler sans un accès fiable à Internet.
Ce qui peut vraiment faire la différence :
- Dans un environnement bruyant, un casque anti-bruit permet de rester concentré malgré les aléas du domicile.
- Pour la sécurité du matériel, investir dans une multiprise parafoudre ou un onduleur s’avère judicieux.
- Pensez aussi à discuter avec votre employeur d’une prise en charge des frais : électricité, chauffage, abonnement Internet… tout compte.
Applications qui facilitent le télétravail
Le numérique est le pilier du travail à distance. Plusieurs outils se sont imposés pour fluidifier la communication et la collaboration :
- Slack : cet espace de travail virtuel permet d’échanger en temps réel, de partager des documents et d’organiser les discussions par thèmes.
- WhatsApp (version ordinateur) : idéal pour la messagerie instantanée, les appels audio et vidéo, et le partage de fichiers.
- Skype : la référence pour les visioconférences, avec des appels vidéo pouvant réunir jusqu’à 50 personnes et une fonction de partage d’écran pratique pour collaborer à distance.
Les vrais bénéfices du télétravail
Pour les employeurs :
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- Moins d’absentéisme et de retards liés aux blocages, aux grèves ou aux embouteillages.
- Possibilité de maintenir l’activité en cas d’imprévus majeurs.
- Réduction des coûts fixes (loyers, frais de fonctionnement).
- Amélioration de la gestion des équipes et des processus internes.
- Meilleure articulation entre vie professionnelle et temps personnel pour les salariés.
- Bilan carbone allégé grâce à la diminution des trajets domicile-travail.
- Mise en avant de la démarche RSE.
- Qualité de vie au travail renforcée.
- Et, souvent, une productivité accrue parmi les collaborateurs.
Pour les salariés :

- Des économies notables sur les déplacements quotidiens.
- Moins de fatigue, plus de temps pour soi, tout particulièrement sur les trajets.
- Horaires flexibles, adaptés au rythme de chacun.
- Autonomie et responsabilisation renforcées.
- Moins de nuisances sonores qu’en open space.
- Un équilibre plus harmonieux entre vie professionnelle et vie privée.
- Bien-être général amélioré et motivation renouvelée.
- Moins de stress, moins de fatigue.
- Possibilité d’adapter ses plages de travail, à condition que les missions soient accomplies dans les temps.
Attention, le télétravail demande quelques précautions !
Ne pas laisser le salarié isolé est fondamental. Il s’agit de maintenir le lien avec l’entreprise, de prévoir des retours réguliers au siège et de l’intégrer pleinement à la communication interne.
Les territoires aussi y trouvent leur compte :
- Capacité à attirer de nouveaux habitants actifs.
- Moins d’engorgement dans les transports en commun, surtout aux heures de pointe.
- Diminution des déplacements longue distance.
- Moins d’investissements à prévoir pour les infrastructures de transport.
Quelques conseils pour rester efficace à la maison
- Fixer des horaires clairs et s’y tenir : travailler à la maison ne signifie pas être disponible en continu.
- La musique peut aider à se concentrer, mais évitez d’allumer la télévision.
- Créer un espace vraiment dédié au travail, distinct des autres activités.
- Ne pas négliger les pauses, même si l’ambiance change par rapport au bureau.
- Soigner sa tenue : s’habiller comme pour une journée de travail aide à se mettre dans le bon état d’esprit.
Le cadre légal du télétravail
Le télétravail peut être encadré par une convention collective ou une charte, mais ce n’est plus obligatoire : un simple accord écrit entre employeur et salarié suffit désormais.
Exemple parlant : chez L’Oréal, l’accord « Flexwork » accorde jusqu’à 4 jours de télétravail par mois, sous réserve d’en avertir son responsable au moins 48 heures à l’avance.
Les points essentiels à prévoir dans l’accord :
Le salarié peut bénéficier d’une priorité pour reprendre un poste sans télétravail si besoin. En cas de circonstances exceptionnelles, l’employeur peut imposer temporairement le télétravail.
- Modalités d’accès au télétravail et conditions de sortie.
- Acceptation des conditions par le salarié.
- Organisation du temps de travail, suivi de la charge de travail.
- Tranches horaires durant lesquelles l’employeur peut prendre contact avec le salarié.
Ce que dit la loi :
- Refuser le télétravail n’est pas un motif de licenciement.
- En cas d’accident, le salarié est protégé comme s’il était sur son lieu de travail habituel.
Quelques précisions pour les employeurs :
- Toutes les obligations en matière de sécurité et de prévention des risques restent valables, y compris les risques psychosociaux.
- L’employeur peut refuser le télétravail à un salarié, mais il doit justifier sa décision.
- La prise en charge systématique de tous les frais liés au télétravail n’est plus obligatoire.
Le télétravail après la crise #aprèscovid19 : première leçon d’une nouvelle ère
La récente crise sanitaire a fait sauter bien des verrous. De nombreuses entreprises, jusque-là réticentes, ont découvert qu’on pouvait travailler à distance sans sacrifier la productivité ni la cohésion d’équipe.
Quelques constats post-crise :
- La productivité tend à diminuer au-delà de deux ou trois jours consécutifs de télétravail, sans doute à cause du sentiment d’isolement ou des difficultés à s’extraire des distractions familiales.
- La mise en place précipitée a révélé un manque d’anticipation logistique : pénurie de fournitures, absence de matériel adapté.
- De nombreux salariés étaient mal équipés : connexion Internet instable, absence de fibre, conditions de travail parfois précaires.
- Le suivi des activités s’est complexifié, les échanges informels étant plus rares et les demandes d’aide moins spontanées.
- L’enjeu pour les managers : maintenir le lien et l’esprit d’équipe, par des contacts réguliers (mails, appels, visioconférences) et une dose d’humour pour alléger la distance.
Le télétravail s’est durablement ancré dans les pratiques : il y a fort à parier que la formule hybride (un à deux jours par semaine) devienne la règle pour nombre d’entreprises.
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SUIVRE : #aprèscovid19, lesmarketing (@lesmarketing) 20 mai 2020

