Comprendre les principaux cas de licenciement en entreprise

Licencier n’a rien d’anodin. C’est une décision lourde, qui engage l’entreprise sur plusieurs plans : humain, financier, juridique. Avant d’aller plus loin, il s’agit de choisir le bon terrain. Sur quoi fonder une rupture de contrat ? Combien cela coûtera-t-il à votre organisation ? À quels aléas vous exposez-vous ? Voici un tour d’horizon des différents cas de licenciement pour vous permettre d’y voir plus clair et de prendre la mesure des enjeux.

Sommaire

Lire également : Comprendre la rupture conventionnelle et son fonctionnement en pratique

  • Les licenciements pour motif personnel :
    • Les situations disciplinaires
    • Les situations non disciplinaires
  • Les licenciements pour motif économique
  • Les risques juridiques pour l’employeur

En matière de licenciement, deux grandes familles coexistent : le motif personnel et le motif économique.

La première catégorie, le licenciement pour motif personnel, se subdivise à son tour :

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  • les licenciements disciplinaires, qui sanctionnent une faute (simple, grave ou lourde) ;
  • les licenciements non disciplinaires, qui interviennent en l’absence de faute.

La seconde famille, le licenciement économique, regroupe :

  • les licenciements économiques individuels ;
  • les licenciements économiques collectifs.

Peu importe la situation, un principe domine : toute rupture doit reposer sur une cause réelle et sérieuse.

Avant même d’engager une procédure, mieux vaut évaluer l’impact d’une mise à pied sur la trésorerie et la réputation de l’entreprise.

Licenciement pour motif personnel : comment s’y retrouver ?

Commençons par le cas du licenciement disciplinaire. Ici, l’employeur sanctionne une conduite jugée inacceptable. Voici les principaux scénarios rencontrés :

Motif du licenciement

Déclenchement de la procédure

Possibilité de mise à pied conservatoire

Préavis

💰 Conséquences financières

Faute simple (ou sérieuse)

Un comportement inadapté, mais qui ne justifie pas la gravité d’une faute grave ou lourde.

Dans les deux mois suivant la découverte des faits (sauf exception en cas de procédure pénale).

Non

Oui
  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis (si l’employeur dispense le salarié d’effectuer le préavis)
  • Indemnité compensatrice de congés payés (si tous les congés n’ont pas été pris)

Faute grave

Le maintien du salarié dans l’entreprise devient impossible en raison de la gravité des faits.

Dans les deux mois suivant la connaissance de la faute (voire plus en cas de poursuite pénale).

Oui

(la gravité des faits justifie une éviction immédiate)

Non

  • Indemnité compensatrice de congés payés (si solde restant)

Faute lourde

La gravité s’accompagne d’une intention de nuire à l’employeur, rendant le maintien impossible.

Dans les deux mois suivant la découverte des faits (sauf exception pour procédure pénale).

Oui

(éviction immédiate obligatoire)

Non

  • Indemnité compensatrice de congés payés (si solde restant)

Si vous vous apprêtez à sanctionner un salarié pour faute, il est impératif de respecter la procédure. Une erreur sur la forme ou le fond peut coûter cher. Pour aller plus loin :

👉 Télécharger le fichier sur le licenciement pour faute grave

👉 Télécharger le fichier sur le licenciement pour faute lourde

Passons aux licenciements non disciplinaires. Dans ces cas de figure, l’employeur met fin au contrat sans faute du salarié. Plusieurs motifs existent :

Motif du licenciement

Déclenchement de la procédure

Préavis

💰 Conséquences financières

Insuffisance professionnelle

Le salarié ne parvient pas à remplir ses missions (incompétence, manque de résultats…)

Aucun délai légal imposé

Oui

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis (si non effectué)
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Inaptitude d’origine non professionnelle

Un mois après la visite médicale déclarant l’inaptitude, à condition d’avoir recherché un reclassement.

Au-delà, le licenciement reste possible, mais le salaire doit être maintenu dans l’intervalle.

Non

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Inaptitude professionnelle

Un mois après la reprise de l’examen médical et après tentative de reclassement.

Si le délai est dépassé, le salarié doit être à nouveau rémunéré.

Non

  • Indemnité spéciale (double de l’indemnité légale)
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Refus d’une modification substantielle du contrat

Pas de délai légal imposé

Oui
  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Incompatibilité ou mésentente

Uniquement si des faits précis, vérifiables et imputables au salarié perturbent le fonctionnement de l’entreprise (agressivité, critiques, refus répétés…)

Aucun délai légal imposé

Oui

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Absences prolongées ou répétées pour maladie

À condition que ces absences perturbent gravement l’activité et nécessitent un remplacement définitif.

Pas de délai légal

Oui
  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Autre motif non disciplinaire

(Événements personnels ayant un impact sur le fonctionnement de l’entreprise, comme la perte d’un permis de conduire…)

Aucun délai légal imposé

Oui
  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Vous hésitez sur la procédure à suivre ? Un modèle adapté à chaque situation existe, accompagné de dossiers juridiques pour sécuriser vos démarches.

👉 Congédiement pour inaptitude

👉 Congédiement d’un salarié en arrêt maladie

👉 Congédiement pour insuffisance professionnelle ou résultats jugés insuffisants

Licenciement pour motif économique : quelles options ?

Les motifs économiques regroupent plusieurs réalités. Voici un panorama des principaux cas et de leurs implications :

Motif du licenciement

Début de la procédure

Consultation du CSE

Préavis

💰 Conséquences financières

Licenciement économique individuel

Un seul salarié concerné

Aucune limite de temps

Non

Oui (sauf renonciation, CSP ou congé de reclassement)

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Licenciement économique collectif de moins de 10 salariés sur 30 jours

Aucune limite de temps

Oui

Oui (sauf exceptions, CSP ou congé de reclassement)

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés

Licenciement économique collectif de 10 salariés ou plus sur 30 jours

Aucune limite de temps

Oui

Oui (sauf exceptions, CSP ou congé de reclassement)

  • Indemnité de licenciement
  • Indemnité compensatrice de préavis
  • Indemnité compensatrice de congés payés
  • Primes supra-légales dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi, si applicable

Procéder à un licenciement économique ne s’improvise pas. Un accompagnement juridique solide permet d’éviter les faux pas.

Télécharger le dossier sur le licenciement économique

Licencier : les risques à connaître pour l’employeur

Un licenciement mal préparé, ou fondé sur des motifs flous, expose l’entreprise à des recours devant le Conseil de prud’hommes. Si le juge estime que le motif n’est pas valable ou que la procédure n’a pas été respectée, la sanction peut être lourde. Voici les principaux risques encourus :

Décision du juge

Réintégration du salarié

Dommages et intérêts (en cas d’absence de réintégration)

Indemnités de licenciement (2)

Remboursement des allocations chômage à Pôle emploi

Licenciement irrégulier

Procédure non respectée

Non

(l’employeur doit recommencer la procédure)

Oui

(dommages équivalents à un mois de salaire maximum)

Non

(déjà versées si dues)

Non

Licenciement sans cause réelle et sérieuse

Motif non valable ou non prouvé

Oui

(si le salarié a au moins deux ans d’ancienneté, dans une entreprise de 11 salariés ou plus, et avec l’accord des deux parties)

Oui

(montant déterminé selon l’ancienneté et la taille de l’entreprise)

Oui

Oui

(remboursement des allocations chômage dans la limite de six mois, sous conditions)

Licenciement nul

Atteinte à une liberté fondamentale, discrimination…

Oui

(la réintégration s’impose, sauf impossibilité)

Oui

(dommages équivalents à six mois de salaire minimum, sans plafond)

Oui

Oui

(remboursement des allocations chômage dans la limite de six mois, sous conditions)

Un accompagnement juridique solide fait toute la différence. Un avocat expérimenté saura anticiper les difficultés et défendre vos intérêts.

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Pour approfondir certains cas concrets, voici quelques situations qui suscitent souvent des interrogations :

  • Peut-on licencier un salarié pour des problèmes d’alcool ?
  • Quelles règles s’appliquent si le salarié est incarcéré ?
  • Le vol justifie-t-il toujours un licenciement ?
  • Comment mettre fin au contrat d’une assistante maternelle ? 5 points à connaître
  • L’absence injustifiée entraîne-t-elle systématiquement un licenciement ?
  • Désobéissance : dans quels cas cela peut-il mener à une rupture du contrat ?

Glossaire :
(1) CP = congés payés
(2) Indemnité de rupture = indemnité de licenciement, préavis et congés payés, selon le cas
Source, Juritravail

Un licenciement ne se résume jamais à une formule administrative. C’est un acte qui engage et qui laisse des traces, autant dans la vie de l’entreprise que dans le parcours des salariés. Avant de trancher, pesez chaque possibilité : derrière chaque procédure, une réalité humaine se joue et le droit veille au grain.